La peau est constituée de 3 tissus différents superposés :

1 – La couche superficielle est l’épiderme,

2 – La couche intermédiaire est le derme.

Tissu de soutien, le derme assure à la fois la solidité et l’élasticité de la peau. Il est traversé par les vaisseaux et les nerfs et sert d’ancrage aux glandes sudoripares, poils, glandes sébacées et ongles

3 – La couche la plus profonde est l’hypoderme, matelas graisseux et réserve énergétique, moulé sur les muscles sous-jacents.

DECOUVRIR - La structure de la peau 2

DECOUVRIR - Structure de la peau - Epiderme

L’épiderme est structuré
 comme un « millefeuille ».



En surface, l’épiderme est parcouru par un dallage, le réseau micro-dépressionnaire de surface (RmD), texture de figures géométriques délimitées par des sillons. Il est criblé par les orifices pilo-sébacés (visibles à l’œil nu), d’où s’écoule le sébum et émergent les poils, et les pores par où sourd la sueur. La face profonde de l’épiderme réalise l’amarrage de l’épiderme au derme par l’intermédiaire des papilles dermiques.

 

L’épiderme est composé de différentes cellules :

1 – les kératinocytes : ces cellules sont les plus nombreuses (80% à 90% des cellules épidermiques). Elles fabriquent une substance très dure, la kératine (du grec « keras », corne), qui remplit les cellules de la couche cornée à la surface même de la peau.

 

2 – les mélanocytes : ce sont les cellules pigmentaires de la membrane basale qui colorent la peau (environ 13% des cellules épidermiques).

 

3 – les cellules de Langerhans : ces cellules participent aux défenses immunitaires en détectant les agresseurs ou antigènes. Elles représentent environ 2% à 8% de la population cellulaire épidermique.

 

Ces différentes cellules baignent dans un liquide intercellulaire : la lymphe intercellulaire ou interstitielle.

 

A la loupe

 

LA KERATOGENESE

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Les kératinocytes ont un rôle essentiel puisqu’ils fabriquent l’ultime rempart de notre organisme, la couche cornée. Au cours de leur périple ascensionnel qui les conduit de la germination jusqu’à la desquamation, les kératinocytes traversent 4 couches de l’épiderme :

 

1er ETAGE : la division

Les kératinocytes prennent naissance dans la couche la plus profonde de l’épiderme, la couche basale. La division d’une cellule génère deux cellules-filles : l’une migre dans l’étage supérieur alors que l’autre reste en place et poursuit le processus de division cellulaire.

Les kératinocytes sont solidarisés les uns aux autres par des attaches, les mélanosomes.

 

2ème et 3ème ETAGES : la différenciation

Les kératinocytes changent de forme en réalisant la synthèse de la kératine. Ils s’allongent au sein d’un deuxième étage, composé de 5 à 6 couches, le corps muqueux de Malpighi ou couche épineuse, puis en traversant la couche granuleuse, composée en fait de 3 à 5 couches de kératinocytes aplatis.

 

4ème ETAGE : la desquamation

Parvenus dans la couche cornée, les kératinocytes ont perdu leur noyau : ils se transforment en cornéocytes, cellules mortes,  » bourrées  » de kératine. Les cellules perdent leur adhérence sous l’effet d’une dégradation enzymatique qui aboutit à la disparition des desmosomes, les boutons-pression qui les relient entre elles. Leur détachement correspond au phénomène de la desquamation, processus naturel qui entraîne la perte de 9 à 17 mg de cellules cornées par jour, sous forme de cellules isolées ou par petits paquets. Elle est compensée par la division cellulaire dans la couche basale. La durée de la migration est de 21 jours en moyenne, entre le moment où le kératinocyte entre dans le corps muqueux de Malpighi et son détachement par desquamation. Ainsi, un individu de 80 ans aura changé près de 1 400 fois sa peau.

 

LA MELANOGENESE

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Les mélanocytes sont responsables de la pigmentation de la peau. Ils reposent sur la membrane basale où ils sont intriqués entre les kératinocytes, dans les follicules pileux et dans l’œil.

 

Les mélanocytes approvisionnent en moyenne 30 à 40 kératinocytes qui assurent la dispersion de la mélanine. Leur nombre varie selon les régions du corps (de 1 500 à 2 400/mm2) mais pas en fonction de la couleur de la peau. En fait, la différenciation est liée aux plus grandes taille et densité des grains de mélanine chez les sujets de race noire.

Plus résistants, ils parviennent en abondance à la surface de la peau alors qu’ils se désintègrent au fur et à mesure de la migration des kératinocytes chez les sujets de race blanche.

 

LES CELLULES DE LANGERHANS

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Ce sont les sentinelles du système immunitaire de la peau. Produites par la moelle osseuse et transportées par le sang jusque dans l’épiderme, elles sont munies d’excroissances (les « dendrites ») qui tels des bras s’insinuent entre les kératinocytes. Ce maillage permet de capturer et d’absorber les envahisseurs que sont les antigènes qui ont franchi la barrière cutanée. Après quoi, les cellules de Langerhans migrent dans le derme jusque dans les ganglions lymphatiques locaux où elles présentent les morceaux d’antigènes aux lymphocytes T.

 

Parmi ceux-ci, ceux qui sont spécifiquement sensibilsés à ce type d’antigène, se multiplient, quittent le ganglion et rejoignent la circulation générale. C’est la sensibilisation par des lymphocytes de type Th2.

L’épiderme n’étant pas irrigué par des vaisseaux sanguins, c’est au derme qu’il appartient de lui apporter ses éléments nutritifs.

Il abrite donc un vaste réseau de vaisseaux sanguins et lymphatiques, mais aussi de nerfs, et constitue par ailleurs la véritable charpente de la peau.

 

Le derme est constitué de cellules et d’une matrice extracellulaire.

 

Les cellules dermiques sont de 2 types :

 

– les cellules résidentes ou fibroblastes

qui assurent la solidité de l’édifice dermique et sont mobilisées au cours de la cicatrisation, et les cellules migratrices (macrophages, lymphocytes, granulocytes,…).

 

– la matrice extracellulaire est composée de fibres engluées dans des macromolécules liées à l’eau. Les fibres de soutien sont issues d’une protéine, le collagène. Elles assurent à la peau sa fermeté. Son élasticité, sa faculté à absorber les déformations lui sont conférées par des fibres plus minces, les fibres élastiques constituées d’une autre protéine, l’élastine.

Sous le derme, l’hypoderme est le tissu ou pannicule adipeux, matelas graisseux plus ou moins épais selon les régions du corps et le sexe. Il modèle le corps et lui donne sa forme.

 

L’hypoderme par l’intermédiaire de ses cellules graisseuses, les adipocytes, stocke des lipides sous forme de triglycérides et fournit des acides gras en cas de demande énergétique. Il joue un rôle important dans la thermorégulation du fait du caractère isolant de la graisse.

 

Bibliographie : « Biologie de la peau » par G. Peyrefitte – Editions SIMEP