La consommation d’alcool ou de tabac est-elle déconseillée en cas de psoriasis ?

 

La consommation de tabac ou d’alcool n’accroît pas le risque de psoriasis de façon significative (étude du Pr. Vaillant, Tours).

 

Il est cependant incontestable que l’accumulation de déchets toxiques liée à une mauvaise hygiène de vie affaiblit le foie et perturbe le système immunitaire.

On sait par ailleurs que la consommation abusive d’alcool entraîne une déplétion (perte) en zinc dont le rôle est important dans la guérison de la peau. Le risque le plus important est sans doute celui de l’aggravation des effets secondaires de certains médicaments pris dans le cadre du traitement.

 

Quels sont les risques liés à l’utilisation des corticoïdes ?

 

Les effets indésirables sont rares mais augmentent avec la durée d’utilisation. En cas d’application prolongée, on peut observer :

 

1 – des effets locaux :

atrophie, vergetures, hirsutisme (développement anormal du système pileux), surinfection et folliculite, troubles pigmentaires, acné, rosacée du visage,…

 

2 – des effets généraux dits systémiques :

réactivation d’un diabète, syndrome de Cushing (maladie des glandes surrénales), ralentissement de la croissance chez l’enfant,…

 

On prendra garde également au risque de tachyphylaxie (inefficacité progressive en cas d’utilisation prolongée) et à ne pas interrompre brusquement le traitement (risque de rechute plus forte voire même de coma).

 

COMPRENDRE - Dermatite atopique - Questions:réponses - dermocorticoides

Dermite post-cortisonïque

 

J’ai entendu parler à plusieurs reprises du Pasi.

Il semblerait que ce soit une espèce d’échelle pour évaluer la gravité du psoriasis.

De quoi s’agit-il exactement ?

 

Le Pasi est l’index d’étendue et de sévérité du psoriasis (Psoriasis Area and Severety Index).

 

Il s’agit d’un outil élaboré en 1975 et dont l’utilité principale réside dans l’évaluation des effets thérapeutiques d’un traitement. Pour calculer le Pasi, le médecin divise le corps en quatre parties, chacune affectée d’un pourcentage qui correspond à la surface de la peau : les jambes 40%, la poitrine, le ventre et le dos 30%, les membres supérieurs 20% et la tête 10%. Ensuite, pour chacune de ces 4 parties, le médecin évalue le pourcentage de la surface de la peau lésée et le traduit par un score de 0 à 6.

La sévérité de l’atteinte est appréciée au travers de 4 paramètres : le prurit ou itching (I), l’érythème ou erythema (E), la desquamation ou scaling (S), l’épaississement de la peau ou thickness (T), chaque paramètre étant coté de 0 à 4. L’addition de ces cotations donne un score compris entre 0 (absence de psoriasis) et 96 (psoriasis généralisé avec prurit, érythème, desquamation et infiltration au degré maximal). Dans la pratique, le médecin utilise plus volontiers l’échelle de qualité de vie dite grille de Finlay, fondée sur les réponses du patient à un questionnaire d’évaluation du retentissement du psoriasis dans sa vie quotidienne.

 

La photothérapie ne risque-t-elle pas d’entraîner un cancer ?

 

Le risque cancérigène à long terme en cas de répétition des séances est bien identifié mais minimisé par les précautions prises par les dermatologues.

 

En premier lieu, la dosimétrie est déterminée à partir du phototype, et parfois même de la dose minimale phototoxique (MPD) ou de la dose érythémale minimale (DEM), c’est-à-dire la plus petite dose de rayonnement ultraviolet qui induit un érythème retardé de quelques heures et se développant pendant 24 heures après l’exposition.

 

Les autres précautions comportent la protection oculaire pendant les séances d’UVB et d’UVA, après le traitement de PUVA (port de lunettes de soleil dès la prise de psoralène et jusqu’à la tombée de la nuit), ainsi que la protection des organes génitaux masculins.

Enfin, le psoriasique lui-même doit s’astreindre à une certaine discipline et éviter d’augmenter la dose d’UV reçues en pratiquant des séances complémentaires dans un centre d’esthétique ! On notera que certaines études semble attester d’un moindre risque carcinogène avec la TL01 qu’avec la PUVA.

 

Lorsque l’un des deux parents 
est psoriasique, quel est
le risque que l’enfant le soit 
aussi ?

 

Il est difficile de répondre à cette question car le psoriasis est une maladie génétique « sous influence » : cela signifie que d’autres facteurs interfèrent dans son apparition.

 

La meilleure preuve est apportée par l’observation de vrais jumeaux dits monozygotes (issus d’un même œuf) . On ne retrouve que 35% à 70% des cas où les deux jumeaux sont atteints de psoriasis. S’il s’agissait d’une maladie exclusivement génétique, il y aurait une concordance dans 100% des cas !

 

Le risque de psoriasis pour les apparentés du premier degré (frères, soeurs, parents) est estimé de 8% à 23%. Quand vous avez du psoriasis, la probabilité d’avoir un frère ou une soeur atteints est de 4 à 11 fois supérieure à la prévalence de la population générale (chiffres du Docteur Prud’homme).