Il faut garder à l’esprit que le psoriasis est une maladie chronique, donc récidivante.

 

Tous les traitements, quels qu’ils soient, n’ont qu’un effet suspensif des lésions et des plaques. D’autre part, chaque patient vit sa gêne ou son handicap subjectivement et répond à la thérapeutique de façon personnelle.

 

L’atteinte de l’objectif d’une amélioration de la qualité de vie suppose donc une étroite collaboration du couple patient/médecin.

 

La stratégie thérapeutique est toujours articulée en 3 étapes :

– le décapage des lésions,

– la diminution de l’inflammation sous-jacente,

– et l’entretien visant à espacer les récidives.

 

On distingue les traitements locaux et les traitements généraux (dits systémiques) qui peuvent être associés :
 Les traitements locaux sont destinés aux formes localisées, avec des plaques isolées et stables, dans le cadre d’un traitement de « première intention ».

Les traitements locaux ou topiques

 

1 – Les traitements hydratants et émollients

L’hydratation de la peau permet à elle seule de freiner de moitié le renouvellement de l’épideme et de diminuer le prurit (les démangeaisons). Les produits se présentent sous forme de lotions, crèmes ou pommades.

Une pommade : une pommade est une émulsion eau dans l’huile, non dissoute par les lavages. Très grasse, elle convient bien aux peaux sèches,

Une crème : une crème est en revanche une émulsion huile dans l’eau qui ne résiste pas au lavage. Elle est adaptée aux peaux pas trop sèches,

Une lotion : une lotion est aussi une émulsion huile dans l’eau, mais elle contient moins de corps gras qu’une crème. Comme les lotions ne laissent pratiquement pas de film gras sur la peau, elles conviennent bien comme traitement de jour ou comme complément d’un traitement en pommade (précisons apportées par Martin Stürzinger, SSPV, Suisse).

 

2 – Les traitements kératolytiques

Ils visent au décapage des squames à l’aide de produits à base d’acide salicylique incorporé à de la vaseline ou à d’autres émollients. Sa concentration doit être limitée en cas de traitement de larges surfaces ou d’utilisation chez l’enfant. Son utilisation est à proscrire juste avant une séance de photothérapie.

 

3 – Les goudrons ou ichtyol

Ils freinent le renouvellement de la peau, mais sont à la fois salissants, malodorants et peut-être carcinogènes. Il se présentent sous forme de crèmes et lotions vendues ou préparées en pharmacie (préparations dites magistrales).

 

4 – L’anthraline

Dérivée originairement d’une plante brésilienne, l’anthraline permet un blanchiment des lésions grâce à des applications de courte durée (souvent dénommée  » short contact therapy « ) permises par une pénétration rapide du produit. Ce médicament ne peut être utilisé chez l’enfant et la femme enceinte, et sur les régions fragiles : visage, plis et zones génitales, muqueuses, cuir chevelu. Les effets indésirables sont l’irritation, voire l’apparition d’un érythème péri-lésionnel et la coloration passagère brun-jaunâtre de la peau.

 

5 – Les dermocorticoïdes

Les dérivés de la cortisone ont un puissant effet anti-infllammatoire et ralentissent la prolifération des kératinocytes. Ils sont tout particulièrement indiqués en traitement d’urgence et pour des applications dans les régions pileuses ou dans les plis. Les topiques cortisonés sont utilisés sous forme de pommade sauf sur le cuir chevelu et dans les plis où les formes lotion et gel sont plus adaptées. A noter que les corticoïdes sont classés en fonction de leur puissance (classes de I à IV, par ordre de puissance décroissante).

En revanche, les effets collatéraux ne sont pas anodins : possibilité de dégradation des résultats au long cours, atrophie des tissus, folliculite, acné.




 

6 – Les dérivés de la vitamine D (dont le calcipotriol)

Ils inhibent la prolifération des kératinocytes et ont un effet immuno-modulateur sur la composante immunitaire des lésions.

Ils sont destinés à des psoriasis vulgaires dont l’étendue est inférieure à 40% de la surface corporelle. Le patient doit respecter la dose maximale de 100 g par semaine, en évitant le visage. Les effets secondaires sont une irritation de la peau au niveau du site d’application et une hypercalcémie (taux anormalement élevé de calcium dans le sang) à des doses élevées. Les contre-indications sont principalement les troubles du métabolisme du calcium. Son usage est déconseillé chez la femme enceinte. Il faut noter que dans les cas sévères, le calcipotriol peut être associé utilement avec la la ciclosporine et la puvathérapie (en ce cas, le calcipotriol doit être appliqué au moins 2 heures avant ou après l’irradiation).

 

7 – Les rétinoïdes à usage local

Un nouveau produit à base de Tazarotène agit en accélérant la desquamation avec une diminution de l’épaisseur des plaques, mais aussi et surtout en régulant l’activité cellulaire des kératinocytes. Une bonne synergie semble obtenue en l’associant avec un corticoïde topique qui permet en outre de diminuer l’irritation fréquemment observée lors de l’utilisation de ce rétinoïde.

Les traitements généraux

 

Ils sont réservés aux formes sévère ou lorsque les traitements topiques ont échoué ou sont jugés trop contraignants par le patient.

 

1 – La photothérapie

Bien adaptée aux psoriasis étendus, l’exposition aux rayons ultra-violets entraîne un blanchiment des lésions dans 75% des cas. Les doses d’UV à administrer sont évaluées en fonction du phototype du sujet (indice de protection contre le soleil déterminé à partir d’un certain nombre de critères : couleur des cheveux, des yeux, de la peau l’hiver, présence de taches de rousseur, type de bronzage,…).

Trois types de photothérapie sont largement utilisés :

– la puvathérapie

Elle nécessite l’administration orale d’un médicament, le psoralène, deux à trois heures avant l’irradiation avec des doses d’UVA qui le rendent actif.
La cure s’effectue à raison de 3 séances par semaine pendant 2 mois, puis d’une séance hebdomadaire pendant un à deux mois.


– l’UVBthérapie à spectre large.

La cure nécessite une vingtaine de séances à raison de 3 à 5 séances par semaine.

– l’UVBthérapie à spectre étroit,
dite TL01 

L’utilisation d’une lampe à spectre étroit (311 nanomètres) permet de diminuer la dose administrée et le risque d’érythème.

A noter : La balnéo-PUVA locale

Peu répandue, elle semble une bonne alternative pour les psoriasis palmo-plantaires. Elle consiste en un bain local concentré en psoralène, suivi d’une séance d’irradiation UVA.

La cure de photothérapie est souvent associée à des topiques (dérivés de la vitamine D, rétinoïdes locaux) ou des rétinoïdes par voie générale. Elle reste en revanche inefficace au niveau des zones inaccessibles aux rayons (plis en particulier).

 

2 – Le méthotrexate

Il est utilisé depuis fort longtemps dans les cas de psoriasis sévère ou résistant. Il a un effet thérapeutique rapide mais n’est pas sans risque (hématologique, hépatologique). Sa prise s’accompagne d’une surveillance biologique régulière et rigoureuse.




 

3 – Les rétinoïdes

Les rétinoïdes sont des dérivés synthétiques de la vitamine A à l’effet anti-inflammatoire important. Ils sont administrés sous forme de comprimés. Utilisés isolément, ils sont assez peu actifs dans les cas de psoriasis vulgaire, alors que leur action est optimale dans les formes sévères de psoriasis : psoriasis pustuleux ou érythrodermique et rhumatisme psoriasique. Ils sont fréquemment associés à la puvathérapie dont ils permettent la réduction des doses (re-puva). Leurs effets secondaires sont cependant nombreux et imposent en particulier une surveillance régulière de la fonction hépatique. Le risque de tératogènèse (malformation du foetus) est élevé. Les rétinoïdes sont donc non seulement contre-indiqués chez la femme enceinte mais aussi chez toute femme en âge de procréer.





 

4 – La ciclosporine

Inhibitrice des réactions immunitaires, elle a une efficacité remarquable (90% des patients sont blanchis) mais de nombreux effets secondaires (élévation de la créatinine et de l’urée sanguine, interactions médicamenteuses nombreuses, effets dermatologiques secondaires,…). Elle ne peut être prescrite qu’après un bilan approfondi. Son administration est délicate et réservée à des cas exceptionnels.

Le thermalisme

En France, une quinzaine de stations thermales sont habilitées à dispenser des soins de dermatologie. Elles accueillent environ quinze mille curistes qui viennent y traiter les principales pathologies suivantes :

La dermatite atopique, le psoriasis, les brûlures et séquelles de brûlures, les cicatrices hypertrophiques, les rosacées, les prurits, l’ichtyose, le lichen, les acnés avec cicatrices érythémateuses, certaines affections du cuir chevelu.

La cure thermale n’est pas un traitement alternatif aux thérapeutiques classiques. Elle est un adjuvant, qui s’ajoute à la gamme des traitements traditionnels. Elle est dénuée d’effets secondaires et ses contre-indications sont limitées (néoplasies non contrôlées, hypertension rebelle grave, dermatoses virales, fongiques ou parasitaires, bulloses,…).

Les enfants peuvent en bénéficier dès l’âge de 5 à 6 mois dans des stations qui ont tout prévu pour leur accueil : espace thermal spécialement aménagé, accompagnement dans les soins, hébergement en Maisons d’Enfants ou avec les parents,…

Quatre soins quotidiens sont prodigués au malade, pendant les dix-huit jours de la cure thermale.

 

1 / Les soins généraux

. bains en eau courante,

. aérobains (bains avec insufflation d’air sous pression),

. bains avec douche sous-marine,

. douches et pulvérisations générales,

. massages à sec ou sous affusion d’eau thermale,

. hydrohéliothérapie,

. enveloppement du corps enduit de crème dans un film plastique

. douches filiformes appliquées par le médecin (jets d’eau sous pression réglable et dirigés sur les lésions).

 

2 / Les soins locaux

. applications de compresses,

. pulvérisations localisées,

. pédiluves et manuluves.

 

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La Roche Posay est la station leader en dermatologie au niveau européen.

Sa vocation établie depuis 4 siècles, repose aujourd’hui sur son équipe médicale pluridisciplinaire, la qualité de sa prise en charge et, bien sûr, ses eaux uniques en Europe.

 

La Station Thermale de La Roche Posay

  • L’EAU

Très pure, peu minéralisée, d’un pH neutre, l’eau de la Roche Posay doit son caractère exceptionnel au sélénium qu’elle contient. En équilibre parfaitement stable avec la silice et les bicarbonates de calcium, il lui confère ses propriétés anti-inflammatoires, anti-prurigineuses, cicatrisantes et anti-radicalaires.

Surnommée « eau de velours », elle dépose sur la peau, au cours des soins, un pansement silicaté calcique, régénérateur de l’épiderme :

– le sélénium assure une action préventive du vieillissement cellulaire

– la silice est un élément fondamental du tissu conjonctif

– le calcium est indispensable aux métabolismes essentiels de l’organisme.

 

  • LES SOINS

– la douche filiforme

Acte médical exclusivement dispensé par le dermatologue qui peut ainsi, jour après jour, suivre l’évolution de la maladie. Suivant la technique utilisée, elle décape les lésions, ou assure un massage profond du derme, avec un effet calmant et anti-prurigineux.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Traitements - Thermalisme - douche filiforme

 

– les pulvérisations locales ou générales

Fines projections d’eau sous pression à travers un tamis, elles ont un effet apaisant et émolient. Elles imprègnent l’épiderme et y déposent le pansement silicaté calcique caractéristique de l’eau thermale.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Traitements - pulvérisations locales ou générales

 

 les bains

Simples ou aérogazeux, ils ont une action décongestionnante et relaxante. Ils sont l’occasion d’un auto-massage pour certains patients.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Traitements - bains

 

 les massages

A sec ou sous l’eau thermale, ils assouplissent les cicatrices et brides cicatricielles.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Traitements - massages

 

 la rééducation fonctionnelle

Des actes de masso-kinésithérapie, rééducation ou mobilisation, au cabinet du kinésithérapeute

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Traitements - Thermalisme - Réeducation fonctionnelle

 

 la cure de boisson

Une cure interne, diurétique et détoxicante, qui complète le traitement. L’eau de La Roche Posay est légère, fraîche et agréable au goût.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Traitements - Thermalisme - cure de boisson

 

  • LES RESULTATS

 

Les bénéfices pour le patient atteint de psoriasis sont multiples : blanchiment des lésions, espacement des récidives, sevrage lent des corticoïdes et accompagnement psychologique. Une étude réalisée par le Centre Thermal de La Roche Posay en 1995 auprès d’un échantillon de 712 personnes souffrant de psoriasis et ayant effectué 3 ou 4 cures dans cette station a révélé :

 

  • une amélioration de l’état général dans 88% des cas,
  • une diminution de la consommation médicamenteuse dans 72% des cas.