D’emblée, la forme plurielle s’impose.

Certains dermatologues considèrent qu’il existe plusieurs maladies classées sous le même vocable.

Le psoriasis est protéiforme : à chacun son psoriasis !

1 – Le psoriasis vulgaire

 

Il constitue environ 95% des cas de psoriasis.

 

Il se présente sous la forme de plaques érythémato-squameuses de forme arrondie, rouges, nettement délimitées, recouvertes de lamelles nacrées, les squames.

La couche squameuse superficielle recouvre la tache érythémateuse qui est visible en périphérie et dans les zones où les squames sont de moindre épaisseur. Les plaques, plus ou moins épaisses, sont souvent localisées de façon symétrique sur les surfaces découvertes, coudes et genoux en particulier, mais toutes les régions du corps peuvent être atteintes, notamment le cuir chevelu, le visage, les régions palmo-plantaires, les ongles, la région lombo-sacrée et les plis.

 

A noter : lorsque les squames sont très abondantes et réalisent une véritable carapace, le psoriasis est dit « crétacé » ou « ostréacé ». Inversement, les squames peuvent être absentes après un traitement kératolytique (décapage) ou…après grattage. En ce cas, il se produit une « rosée sanglante » sous l’effet de l’apparition de fines gouttelettes de sang.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Aspects cliniques - Les formes courantes - Psoriasis vulgaire 1 COMPRENDRE - Psoriasis - Aspects cliniques - Les formes courantes - Psoriasis vulgaire

 

2 – Le psoriasis en gouttes

 

Les lésions sont multiples, diffuses, et de petite taille, en forme de gouttes rouges et écailleuses, voire même de taches de 1 mm à 1 cm de diamètre.

 

Cette forme éruptive de survenue brutale se rencontre surtout chez l’enfant et l’adolescent, fréquemment à la suite d’une angine. Il régresse spontanément en quelques semaines.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Aspects cliniques - Les formes courantes - Psoriasis en gouttes

1 – Le psoriasis pustuleux

 

Il constitue le plus souvent la complication chez l’adulte d’un psoriasis déjà installé, tout en restant peu fréquent (10% des cas de psoriasis).

 

Le psoriasis pustuleux se caractérise par un érythème généralisé puis par une multitude de pustules laiteuses, souvent localisées aux mains et aux pieds (forme palmo plantaire invalidante car gênant les mouvements quotidiens).

 

Il peut être également disséminé sur tout le corps (forme généralisée plus grave accompagnée de fièvre et de courbatures).

La prise de certains médicaments (l’anti-mycosique terbinafine par exemple), le stress et le tabagisme sont des facteurs déclenchants ou de risque. Les rétinoïdes permettent d’améliorer ces malades en quelques jours.

 

COMPRENDRE - Psoriasis - Aspects cliniques - Les formes graves - Psoriasis pustuleux 1 COMPRENDRE - Psoriasis - Aspects cliniques - Les formes graves - Psoriasis pustuleux

 

2 – Le psoriasis érythrodermique

 

C’est une affection grave qui ne concerne que 1% à 2% des cas de psoriasis.

Elle se présente comme une rougeur diffuse sur toute l’étendue de la peau, à l’exception des muqueuses. Les squames sont plus ou moins épaisses selon leur localisation. Elle est soit la conséquence de l’extension de lésions psoriasiques, soit provoquée par des médicaments en liaison avec le traitement du psoriasis (arrêt brusque des corticoïdes, topique trop agressif) ou d’autres maladies (bêtabloquants, sels de lithium, interféron,…).

 

Ces érythrodermies doivent entraîner l’hospitalisation du malade car elles peuvent s’accompagner de troubles généraux (fièvre, agitation, asthénie, anorexie) ou de la thermorégulation (sensations intempestives de froid et de chaleur) et la surinfection est possible.

 

3 – Le psoriasis arthropathique

 

Il s’agit d’un rhumatisme inflammatoire qui accompagne 5% à 30% des psoriasis, souvent sévères et étendus.

 

Il se manifeste par une raideur et une douleur de certaines articulations et la limitation des mouvements. On distingue l’oligoarthrite psoriasique (atteinte préférentielle et asymétrique des mains et des pieds), la polyarthrite psoriasique (atteinte symétrique des mains et des pieds, proche de la polyarthrite rhumatoïde, le rhumatisme rachidien et/ou sacro-iliaque (atteinte de la colonne vertébrale fréquente chez les hommes, proche de la spondylarthrite ankylosante).

 

L’âge moyen de début du psoriasis cutané est de 29 ans, alors que celui du rhumatisme psoriasique est de 41 ans. Le psoriasis cutané débute très souvent le premier, mais dans 8 à 30% des cas l’apparition des deux formes est simultanée. (Données du Pr Vaillant, Tours). Les traitements par anti-inflammatoires donnent de bons résultats mais ne dispensent pas d’une rééducation et d’une pratique régulière d’activités sportives douces.

 

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Comment ne pas le confondre avec une autre maladie ?

 

1 – au visage et au cuir chevelu : la dermite séborrhéique

 

Elle présente aussi des plaques érythémateuses, mais elles sont recouvertes de squames grasses et jaunâtres qui ne se détachent pas aussi facilement que celles du psoriasis. Elles sont situées à la lisière du cuir chevelu, sur le sillon nasogénien (de part et d’autre des ailes du nez), à la racine du nez ou à la tête des sourcils.

 

Lorsque ces plaques sont présentes dans le cuir chevelu, le diagnostic est plus délicat et c’est l’existence de lésions à distance (sur d’autres parties du corps) qui permet d’affiner le diagnostic.

 

2 – sur le tronc : le pityriasis rosé de Gibert

 

Il débute par une plaque unique dite primitive (de forme arrondie ou ovalaire de 2 à 10 cm de diamètre) bientôt suivie par une éruption secondaire de taches rosées et squameuses, associées à des médaillons de plus grande surface et de forme ronde ou ovale, à centre jaunâtre. Les lésions siègent uniquement sur le tronc, le cou et à la racine des membres. La guérison est spontanée en 4 à 8 semaines et très rarement suivie de récidives.

 


3 – dans les plis :
les intertrigos mycosiques

 

L’intertrigo est une inflammation dont la couleur rosée ou rouge vif, la nette limitation des lésions et l’évolution chronique pourraient en imposer pour un psoriasis. Courant chez les obèses, l’intertrigo est limité aux plis (face interne des cuisses, aisselles, sous les seins, plis inguinaux et inter-fessiers, entre les doigts et les orteils,..).
Il est aggravé par la sueur. La recherche de dermatophytes ou de candida permet d’affirmer le diagnostic.

 

4 – aux coudes et aux genoux : le pityriasis rubra-pilaire

 

Cette dermatose est plus rare et présente aussi de larges placards érythémato-squameux.

L’aspect plâtreux du visage et la présence de petites papules cornées centrées par un poil atrophié orientent le diagnostic en faveur du pityriasis rubra-pilaire.

 

5 – sur tout le corps : la syphilis secondaire

 

La papule ou syphilide de couleur rouge sombre peut simuler un psoriasis. Le mode éruptif évoque parfois un psoriasis en gouttes.

La sérologie de la syphilis est nécessaire en cas de doute.

 

6 – autres affections

      

 

– Le parapsoriasis
      

– L’eczéma nummulaire
      

– Le lichen plan
      

– L’onychomycose