L’étiologie, c’est-à-dire la recherche des causes de la maladie fait apparaître 2 classes de facteurs :

COMPRENDRE - Dermatite atopique - Etiologie

 

En France, elle touche environ 5% de la population et environ 1 enfant sur 10. Des études récentes réalisées en Finlande et au Danemark ont montré que 15% à 20% des jeunes enfants souffraient de DA.

Cette affection est en expansion. Une théorie  » hygiéniste  » attribue cette poussée à l’amélioration de l’hygiène et à la raréfaction des familles nombreuses. En effet, il a été constaté que les enfants accueillis en crèche ou ayant de nombreux frères et soeurs, donc exposés à de multiples affections de la petite enfance, développent moins fréquemment une DA.

On parle ainsi de « dysmaturation » du système immunitaire des enfants isolés. La DA apparaît dans 50% des cas entre le 3ème et le 6ème mois et disparaît le plus souvent à l’adolescence. L’adulte n’est pas épargné et il semblerait même qu’il y soit de plus en plus exposé.

I – l’hérédité

La DA est une maladie héréditaire impliquant plusieurs gènes non encore totalement identifiés et dont la transmission est complexe. D’une part, les atopiques synthétisent des taux élevés d’IgE, et d’autre part ils présentent un déséquilibre des sous-populations lymphocytaires Th1 et Th2.

 

A LA LOUPE

Les lymphocytes :

1 – les lymphocytes Th1


sont sécréteurs d’interleukines 2 et d’interféron gamma, protéines qui favorisent une réponse immunitaire à IgG, M, A et cellulaire,

2 – les lymphocytes Th2
sont sécréteurs d’interleukines de type 4, 5 ou 13 qui induisent une réponse à IgE et une inflammation éosinophilique.
Il existe normalement une auto-régulation permettant un équilibre entre ces deux sous-populations.

Chez l’atopique en revanche, la réponse immunitaire privilégie la mobilisation des lymphocytes Th2, et de fait, la production de cytokines pro-inflammatoires.

Fréquence de la dermatite atopique
chez un enfant dans une famille :

  • Si les deux parents ne sont pas atopiques : 2%
  • Si la mère est atopique : 27%
  • Si les deux parents sont atopiques : 79%

(d’après A.M. Calza et J.H. Saurat)

 

II – les troubles du métabolisme lipidique

L’un des éléments constitutifs de la barrière cutanée est le ciment intercellulaire. Celui-ci est rempli de lipides, dont certains ne peuvent être synthétisés par l’organisme : ce sont les acides gras essentiels (acides linoléique et gammalinoléique) et les céramides.

Chez l’atopique, la production de ces acides gras est déréglée en raison du déficit d’une enzyme : l’enzyme delta-6-désaturase. De plus, la sécrétion sébacée est plus faible chez l’enfant. Ces facteurs entraînent la désolidarisation des cellules, et de fait une moindre étanchéité du tissu cutané.

  • la perte en eau par évaporation, habituellement de 100 ml/24 heures, est accélérée :
 la peau s’assèche
  • l’infiltration des substances étrangères, allergènes ou irritants, est facilitée,
accentuant la menace allergique et inflammatoire.

L’atopie est caractérisée par un terrain génétique particulier qui se manifeste par des réactions allergiques de type DA, asthme, rhinite allergique (le rhume des foins) ou par certaines formes d’urticaire.

En toute rigueur, il faut distinguer l’atopique de l’allergique. Ce dernier ne réagit aux allergènes qu’en cas de rupture de ses défenses naturelles, alors que l’atopique y répond spontanément en toutes circonstances du fait de sa prédisposition génétique.

La DA est chronologiquement la première manifestation de l’atopie. Sous l’effet d’une modification des lipides qui constituent le ciment intercellulaire de la couche cornée, la peau s’assèche et se perméabilise. La barrière cutanée assure mal son rôle protecteur :  » la porte est ouverte  » aux agresseurs.

Chez l’atopique, le système immunitaire est  » désorienté « . Les défenses naturelles sont mobilisées par des agents inoffensifs, les allergènes, qui pénètrent dans la peau, l’œil, les voies respiratoires ou l’appareil digestif.

Dans la peau, ils sont pris en charge par les cellules de Langerhans qui présentent l’antigène à des globules blancs, les lymphocytes B. Ceux-ci fabriquent des anticorps spécifiques de chaque type d’allergène : ce sont les immunoglobulines E (IgE) qui se fixent sur des cellules tissulaires, les mastocytes, et sur des cellules circulantes, les basophiles. A l’occasion d’un second contact, l’allergène est capturé par les immunoglobulines, et les cellules porteuses des IgE libèrent diverses substances, dont l’histamine, responsables des symptômes aigus de l’allergie (vasodilatation, prurit,..) et d’une phase inflammatoire mobilisant les polynucléaires éosinophiles. Parallèlement, si le système immunitaire, intensément engagé dans sa réaction allergique, néglige ou ne peut plus faire face à des agents réellement dangereux (bactéries, microbes, virus,…), il s’ajoute une infection qui elle-même va davantage perméabiliser la barrière défensive de la peau, et entretenir un véritable cercle vicieux.

 

A LA LOUPE

Les allergènes

Les allergènes ou  » atopènes  » sont des substances bien tolérées par les plupart des individus, mais susceptibles de provoquer une réaction allergique chez des sujets prédisposés.

Ce sont des protéines qui sont transportées :

1 – par voie aérienne : les pneumallergènes

  • les pollens
  • les poils (particulièrement
 du chat et  du cheval)
 et squames
 (peaux mortes) d’animaux
  • les acariens
  • les moisissures

La poussière et les plumes d’oreiller ou de couette ne sont pas à proprement parler des allergènes, mais des milieux nutritifs favorables au développement des allergènes.

 

2 – par voie alimentaire :
 les trophallergènes



Il existe une association entre la D.A. et la sensibilisation à certains allergènes alimentaires. Ils ont un effet aggravant sur l’évolution de la maladie, sans que l’on puisse affirmer qu’ils en sont la cause primaire.

Parmi les allergènes incriminés, on suspecte notamment :

  • les laits
  • les œufs
  • le poisson
  • le porc
  • le soja
  • l’arachide
  • les amandes, cacahuètes
et noisettes
  • le chou

Sans être des allergènes, certains aliments comme les agrumes ou les tomates, certains fromages tels que le gruyère, irritent et déclenchent des poussées de démangeaisons, surtout autour de la bouche. On distinguera les allergènes des irritants (tabac, pollution, humidité excessive, savons, parfums, laine,…).